Projet de parc photovoltaïque sur l’aérodrome de Verneuil Les Mureaux : le Préfet refuse d’accorder l’autorisation environnementale

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Nous avions présenté ce projet dans un article sur notre site à l’occasion de l’enquête publique qui s’est déroulée à l’été 2025. A la suite de cette enquête, malgré notre alerte sur le caractère unique de la pelouse concernée, le commissaire-enquêteur avait donné un avis favorable au projet ce qui devait logiquement conduire à l’obtention de l’autorisation préfectorale et un début des travaux en 2026.

Ne pouvant nous résoudre à la destruction de cette pelouse de plus de 100 ans, exceptionnelle au niveau de l’Ile-de-France, nous avons contacté le Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN) pour l’alerter sur cette situation dont il n’avait pas eu connaissance. Cet organisme s’est donc autosaisi de cette affaire et a transmis un rapport recommandant le réexamen du dossier au Préfet des Yvelines. L’avis du CSRPN n’est que consultatif mais l’administration régionale en charge de la protection de l’environnement a alors pris conscience de l’importance de ce site et a modifié sa position initiale ; c’est donc logiquement que le Préfet n’a pas accordé l’autorisation environnementale au porteur du projet, l’entreprise Photosol.

Vue aérienne avec projet d’implantation des panneaux photovoltaïques (photo extraite du dossier Photosol).

Dans son arrêté (DDT 78-2025-11-14-00003), le Préfet remet les pendules à l’heure en dénonçant le fait que l’étude d’impact du projet ne qualifiait pas la pelouse semi-sèche calcaire subatlantique comme un habitat d’intérêt communautaire alors que les données scientifiques disponibles ne laissaient aucun doute sur ce fait. L’arrêté signale également que le site comporte la station la plus importante de Phélipanche pourpre (Phelipanche purpurea) d’Ile-de-France et que de façon globale le diagnostic réalisé dans le cadre de l’étude d’impact était insuffisant et erroné.

Phélipanche pourpre (Phelipanche purpurea). Photo Benjamin Fougère.

Considérant que les panneaux photovoltaïques porteraient une atteinte significative à des habitats naturels et à des espèces protégées d’intérêt patrimonial majeur et que le dossier déposé par Photosol ne comportait pas de demande de dérogation pour destruction d’espèces protégées, le Préfet n’a pas accordé l’autorisation environnementale à ce projet.

Que va-t-il se passer maintenant ? La société Photosol dispose de deux mois pour porter un recours à l’encontre de l’arrêté préfectoral. Il est néanmoins peu probable que cette société persiste dans son projet. En premier lieu, il faut rappeler que la rentabilité du projet n’était pas optimale du fait de l’obligation d’implanter les panneaux photovoltaïques avec une orientation vers l’est afin de ne pas risquer d’éblouir les pilotes. Ensuite le Président actuel du SIVU François Garay (maire des Mureaux) est opposé au projet. Enfin, si le projet était autorisé dans le futur, nous ne manquerions pas de porter un recours au tribunal administratif pour empêcher la mise en place des panneaux photovoltaïques.

Nous rappelons que dans le cadre de la lutte contre le dérèglement climatique, nous considérons bien entendu que le développement de l’énergie photovoltaïque doit être poursuivi dans des zones non agricoles et ne présentant pas d’enjeux en termes de biodiversité (la société ArianeGroup a récemment implanté des panneaux photovoltaïques sur son site).

Nous réfléchissons à la façon de protéger définitivement cette pelouse en proposant par exemple la création d’une ORE (Obligation Réelle Environnementale) au président du SIVU ; il s’agit d’un dispositif foncier permettant d’inscrire dans un contrat des obligations environnementales attachées au terrain afin de protéger la biodiversité.

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