Nuit du papillon 2008

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La « Nuit du papillon » dans le bois de Verneuil a attiré les visiteurs

Le 23 mai2008, l’ADIV a participé à sa manière à la Fête de la nature, une manifestation nationale destinée à sensibiliser le grand public à la protection de la biodiversité. L’animateur de cette soirée, Philippe Mothiron, entomologiste amateur et coordonnateur de l’inventaire régional, accompagné par un collègue naturaliste, proposait une découverte insolite des papillons de nuit dans la forêt de Verneuil. L’invitation était ainsi formulée : « Savez-vous que 90 % des papillons ne volent que la nuit ?  Que près de 600 espèces différentes ont été recensées sur le bois de Verneuil ? Vous voulez en savoir plus ? Une expérience d’attraction lumineuse vous permettra de découvrir la faune nocturne d’une lande à bruyères ».

Une cinquantaine de personnes, petits et grands, se sont ainsi donné rendez-vous entre chien et loup, à l’orée du bois, prêtes à faire plus ample connaissance avec certaines des espèces déjà recensées par Philippe Mothiron. Pour les enfants de 5 à 77 ans, il flottait dans l’air comme un parfum d’aventure …

Une fois le matériel déployé sous les regards attentifs (un grand drap blanc, un appareil lumineux relié à un générateur) il ne restait plus qu’à attendre la venue des premiers visiteurs du soir, guettés par une myriade d’yeux braqués sur la toile blanche. Le temps de quelques explications sur l’attraction exercée par les lampes sur les papillons de nuit : « En réalité les papillons ne sont pas attirés… C’est plutôt comme si, à l’approche d’une lampe, leur GPS interne se détraquait et les faisait tourner en rond ».

La démonstration ne devait pas tarder. Tout d’abord, une demi-douzaine de petits papillons énervés s’ébattent sur le drap. « Des Hépiales… elles ne volent qu’au crépuscule. ». D’accord, mais ces petits insectes grisâtres ne sont guère spectaculaires.

En revanche, dix minutes plus tard, l’arrivée d’une grosse femelle de Bombyx de la Ronce, de près de 7 centimètres d’envergure, suscite un certain émoi… « C’est un papillon, ça ? ». Question légitime, car en même temps venait d’atterrir un gros hanneton… Tout le monde s’approche et veut voir le nouveau venu, tout étonné de son succès. Heureusement, il y en aura pour tout le monde, car cinq autres papillons semblables viendront rapidement se joindre à lui, pour le plus grand plaisir des enfants. Avec pour certains des surprises : « Oh, regardez, il m’a pondu dans la main ! ». Réflexe de survie d’une femelle qui se sent menacée…

Au fur et à mesure des minutes, de nouvelles espèces se manifestent, tournant autour de la lampe pour s’immobiliser sur le drap, dans les herbes… ou sur les blousons et dans les cheveux. Mais pas de scènes de panique ni d’hystérie collective : tout le monde a bien compris que ces petites espèces ne sont ni dangereuses ni agressives. C’est plutôt la curiosité qui prévaut. L’étonnement, aussi, devant une inattendue diversité de couleurs : du jaune, comme chez la Citronnelle rouillée, du vert, comme chez la Halias du chêne, du rouge comme chez la Noctuelle de la Myrtille.

a Noctuelle de la Myrtille ? Drôle de nom : en effet, pas facile de trouver des myrtilles dans le bois de Verneuil ! « Comme son nom ne l’indique pas, la chenille de cette espèce vit sur la bruyère. C’est une espèce caractéristique des landes, qui ne se trouve que dans ce secteur du bois ». Eh oui, chaque espèce a ses exigences. La destruction ou la modification d’un espace même réduit, et c’est un équilibre qui se rompt, une espèce qui disparaît. « Heureusement, l’Agence des Espaces verts entretient cette lande, pour que le milieu soit préservé, car si l’on ne faisait rien, il disparaîtrait sous les taillis. » Encore une idée reçue qui s’envole : la biodiversité ne se mesure pas forcément au nombre d’arbres. Et une surprise pour certains : la biodiversité, ça s’entretient.

Après identification des espèces présentes, de nombreuses photos ont immortalisé les papillons, permettant ainsi de les agrandir et de les admirer plus facilement. Ils ont ensuite retrouvé le chemin de la liberté dans leur décor naturel, après cette petite « représentation » exceptionnelle …

En l’espace d’environ deux heures, c’est finalement une trentaine d’espèces différentes qu’il aura été possible d’observer. Un tout petit aperçu de la richesse entomologique du bois de Verneuil, un échantillon d’un petit bout de forêt un petit bout de l’année. Chacun s’en est retourné chez lui, parfois à pied, avec l’impression d’avoir entrouvert les portes d’un monde mystérieux, à peine plus loin que le fond de son jardin.

Eh oui, messieurs les Aménageurs, ce monde existe, il n’est pas virtuel… Et ce n’est pas parce qu’il n’est perceptible qu’aux attentifs qu’il doit être pris pour quantité négligeable et parfois maltraité au nom d’une conception dépassée du modernisme et de l’utilité publique.

Pour en savoir plus :

  • www.lepinet.fr : le site de Philippe Mothiron intitulé « les carnets du lépidoptériste français », pour apprendre à découvrir les papillons de toutes les régions de France, que l’on soit débutant ou déjà confirmé.
  • Le site photo de l’ADIV : :://www.flickr.com/photos/adivverneuil/show/

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